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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 15:58

2013 04 24 Pichery-portraitJean Pichery, notre regretté collègue et ami, Vice-Président du Conseil général du Val d'Oise, Secrétaire-Questeur de notre Assemblée, Président du Parc Naturel Régional du Vexin Français, et Maire de Cormeilles-en-Vexin, est décédé le 13 avril 2013. Il a été inhumé au cimetière de sa commune le 19 avril, après une cérémonie publique en l'église Saint-Martin de Cormeilles-en-Vexin entouré des Cormeillais et de nombreuses personnalités preuve s'il en était besoin de la reconnaissance unanimement partagée de son travail et de son dévouement pour son territoire. Son souvenir restera vif dans l'esprit de tous les élus, comme celui d'un exemple à suivre pour son humanité, son intégrité, et son courage.


Ci-après, le discours prononcé lors de ses obsèques par le Président du Conseil général Arnaud Bazin.

 

Discours du Président Arnaud Bazin

Il est donc arrivé, ce jour tant redouté, depuis déjà longtemps par nous tous ;

Nous sommes réunis pour un dernier adieu à notre ami Jean.

C’est d’autant plus difficile d’affronter cette cruelle réalité que Jean, depuis des années, nous avait habitués à repousser sans cesse l’échéance, en repoussant toujours plus loin les limites de la résistance et du courage.

Et peut-être avions nous fini par croire ce que par-dessus tout nous voulions croire : qu’il continuerait à gagner contre celle qui ne perd jamais.

Nous sommes quelques unes et quelques uns, ici, à savoir, au-delà des souffrances physiques comme Jean a dû en supporter et il en a enduré de redoutables, combien terribles sont aussi les tourments d’anxiété qui accompagnent la maladie en général, et le cancer en particulier.

Certes nous nous savons tous mortels et voués à disparaître, mais tout cela reste abstrait jusqu’au moment où le destin s’incarne dans un diagnostic.

Alors il y a la bataille contre la maladie qui a vu Jean gagner tant de manches, sauf la dernière hélas.

Et surtout il y a ce combat pour empêcher la maladie de détruire ce que nous sommes profondément.

Alors que le physique est sans cesse harcelé, que le corps est pantelant, il faut préserver son âme, sa personnalité.

Je veux dire aujourd’hui que Jean a remporté cette bataille là : comme vous, j’en ai été le témoin.

Jean a préservé jusqu’à l’ultime moment ce qui était profondément lui : la bienveillance envers les autres, la générosité, la volonté de vivre pleinement son humanité.

Il nous a tous épargnés en ne s’apitoyant jamais sur son sort et en restant tel que tous le connaissaient : un homme de devoir soucieux de remplir ses charges bien au-delà de ce que lui permettaient ses forces, un homme ouvert à tous les autres, un homme désireux d’épargner les siens.

Bien sûr comme toute personne confrontée à une telle épreuve, il a forcément vécu des moments d’angoisse, de désarroi total et même de solitude malgré le soutien de sa famille, et malgré la présence permanente d’Annie, qui a été le plus beau cadeau qu’il ait pu recevoir dans cette épreuve.

Mais malgré ces moments difficiles, il est resté lui-même et le signe le plus éclatant en fut la permanence de cette élégance qui lui appartenait : élégance de maintien, élégance physique qui était le reflet de son élégance morale.

Alors bien sûr aujourd’hui le Val d’Oise a perdu un élu de premier rang : Maire depuis 42 ans, Conseiller général depuis 21 ans, Président du Parc Naturel Régional du Vexin à la suite de Gérard Claudel.

Il fut dans bien des fonctions un artisan du progrès continu de notre beau département.

C’est donc une terrible perte pour nous tous, tant il excellait dans les missions qui lui étaient confiées, et particulièrement dans celles relatives au Vexin, sa terre d’adoption depuis un demi-siècle.

Avec le temps chacun pourra mieux encore mesurer toute la place qu’il occupait dans notre territoire, dans notre vie, et pourtant avec une si grande modestie dans son comportement.

Je dis : dans son comportement, car bien évidemment il était porteur d’ambition, non pour lui-même mais pour tous ceux qu’il représentait.

Mais aujourd’hui, jour d’adieu, cette vie publique exemplaire, pèse bien peu dans notre lourd chagrin : c’est un ami que nous pleurons, c’est un homme de bien, un homme exceptionnel que nous avons perdu.

Je partageais avec Jean une sincère amitié. Pas une amitié factice, de façade ou de circonstance. Non, une vraie amitié.

Montaigne disait « parce que c’était lui, parce que c’était moi » pour évoquer le mystère irréductible à des éléments simples qui rapproche deux êtres.

Je dirais, pour ma part, pour ce qui est de l’amitié profonde, de l’amitié de cœur avec Jean ; « parce que c’était lui ».

C’est une explication bien suffisante que celle des qualités d’âme de Jean pour comprendre qu’on ne pouvait qu’être son ami.

Alors que tous unis nous disons adieu à Jean, j’ai envie de conclure ces quelques paroles bien insuffisantes par celles de Maeterlinck « Il ne faut pas croire que quand nous avons quelque chose d’important à dire, les paroles nous soient d’un quelconque secours. Les choses importantes ne peuvent s’exprimer que par le silence ».

C’est un silence de recueillement, de respect et d’amour qui va accompagner le corps de Jean dans son dernier voyage.

Quant à sa présence spirituelle, c’est elle qui va nous aider dans le nôtre.

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Published by Gérard Seimbille - dans Union pour le Val d'Oise
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